Où Poe se promena jadis

par H.P. Lovecraft (traduit par François Truchaud)

Eternellement méditent les ombres sur ce sol, Rêvant aux siècles qui se sont enfuis ; De grands ormes se dressent solennellement près des dalles et des tertres, Abritant de leur voûte le monde caché d'autrefois. Sur ce paysage joue la lumière du souvenir, Et les feuilles mortes chuchotent, évoquant les jours révolus, Regrettant les images et les sons qui ont disparu.   Triste et solitaire, un spectre se glisse le long Des allées où ses pas l'ont conduit de son vivant ; Un regard ordinaire ne peut l'apercevoir, bien que son chant Résonne à travers le Temps, emprunt d'un charme mystérieux. Seules les rares personnes connaissant les secrets de la sorcellerie Entrevoient parmi ces tombes l'ombre de Poe.