La mort

par H.P. Lovecraft (traduit par Simone Lamblin)

Ne crois pas que la Mort attende avec malignité, Armes des Parques hostiles, De terrasser le pêcheur ; Elle n'est qu'un chaînon dans le plan de la Nature Pour relier les progrès successifs de l'homme, Et couronner la vie achevée.   Toutes choses limitées infailliblement tendent D'un commencement vers une fin, Car qu'est le temps sinon le Changement ? Quel but pourrait viser le devenir de la vie Si elle se prolongeait dans le vide Sur une morne étendue sans limite ?   Quel poète avec grâce pourrait jamais chanter Le charme d'un printemps sans fin, Ou célébrer une éternelle journées ? Puisque l'homme est au seul Temps accordé, Le sage doit dans la Mort reconnaître une amie Et aux lois de la Nature se plier !