Nouvelle parution d'une toute jeune maison d'édition qui, soyons-en sûr, risque fort de faire parler d'elle, Les Os de verre est un roman halenant et prenant, mêlant malédictions millénaires et peurs primales à un rythme effréné. Entretien avec son auteure, Mia Cage...

- Pouvez-vous nous résumer votre parcours littéraire ? "Les Os de verre" est-il votre premier essai ?

Mia Cage : J'ai rédigé la première mouture de ce roman alors que j'avais l'esprit préoccupé par quelques soucis. Peu de temps auparavant, le plus jeune de mes fils avait souffert d'une hémorragie spectaculaire, m'obligeant à appeler les secours dans des conditions dramatiques. Pour couronner le tout, après avoir décroché le premier prix du concours " les Ecrivains de demain " avec un autre roman, je me voyais contrainte de quitter la maison d'édition qui l'avait organisé mais se montrait incapable d'assurer correctement la diffusion du livre. Je crois que tout auteur publié pour la première fois devrait prendre le temps d'une réflexion profonde en ce qui concerne la lecture et la signature de son contrat. Pour résumer, il était temps pour moi de mettre tout ça de côté et de reprendre l'écriture. C'est exactement ce que j'ai fait avec " les Os de Verre ". Aujourd'hui, mon fils se porte bien et mon premier roman, " Necrophilia ", est réédité par les Editions Nuit d'avril. La parution sera effective le 18 juin 2004.

- Qu'est-ce qui vous a amenée à l'écriture ?

Mia Cage : Je fais partie de cette catégorie de gens qui pensent que la lecture à haute dose exacerbe la créativité de l'auteur. J'ai consacré une bonne partie de mon existence à lire tout ce qui me tombait sous la main. C'est tout naturellement que je me suis levée un matin avec l'envie d'écrire. Lecture et écriture. Ecriture et lecture. Il faut croire que l'un ne va pas sans l'autre. Et, si Dieu le veut, je n'arrêterai jamais de dévorer des livres. Encore moins de les écrire. Parce que j'aime ça.

- Comment s'est déroulée votre collaboration avec les Editions Nuit d'Avril ?

Mia Cage : C'est une histoire un peu compliquée. J'ai fait la connaissance de Franck Guilbert qui dirige les Editions Nuit d'Avril bien avant qu'il ne se lance dans le métier de l'édition. La vie nous a séparée. Un court moment. Pour mon plus grand bonheur et le vôtre, nous avons repris contact depuis peu. Ce qui est certain, c'est que j'ai connu l'homme et ses qualités humaines avant de découvrir l'écrivain et ses qualités littéraires, puis l'éditeur et ses qualités de gestionnaire. De mon point de vue, travailler avec lui est la meilleure chose qui me soit arrivée ces deux dernières années.

- Votre roman, "Les Os de verre", distille sous de multiples formes le sentiment de la peur (peur de mourir et de la maladie, de l'inconnu, de ne pas avoir réussi une vie dont l'enfant est vu comme l'aboutissement). Qu'est-ce qui vous fascine dans ce sentiment plutôt que dans un autre ?

Mia Cage : J'ai décidé d'écrire sur la peur et ses multiples facettes comme on entre en religion. C'est aussi simple que ça. Lorsque je raconte une histoire, une question rode de manière tout à fait sournoise dans ma tête. Est-ce assez effrayant ? Véritablement effrayant ? Cette fichue peur n'a de cesse de nous broyer le cur. Vous comme moi. Pourquoi ne pas essayer de l'apprivoiser en jouant un peu avec elle ? En définitive, je crois que la peur sera toujours la meilleure amie de l'homme.

- A quoi ressemble Mia Cage lorsqu'elle écrit ? Avez-vous besoin d'un cadre, d'une ambiance particulière ?

Mia Cage : Pour dire la vérité, il y a eu des moments où écrire équivalait à relever un défi de la plus haute importance. Après tout, élever six enfants n'est pas une simple sinécure. Sans compter les doutes qu'il m'arrivait d'entretenir sur les qualités de mon récit. L'histoire est-elle cohérente ? Existe-t-il des contradictions dans l'évolution des personnages ? Il m'a fallu un certain temps avant de comprendre que je devais écrire la porte fermée. Lorsqu'il s'agit de rédiger un bon texte, un mot après l'autre, je crois qu'un auteur ne doit pas oublier de se débarrasser de l'élément le plus perturbateur de la maison : je veux parler du téléphone, bien entendu. Quant au mobilier, une table, une chaise, un ordinateur et une bonne imprimante font parfaitement l'affaire, en ce qui me concerne.

- Quels sont les auteurs, modernes ou "classiques" qui vous ont donné l'envie d'écrire ? Ceux qui sont aujourd'hui vos "modèles" ?

Mia Cage : Je lis beaucoup de récits et peu de romans. Dans cette dernière catégorie, le premier nom qui me vient à l'esprit, c'est Maupassant. Impossible de ne pas citer l'incontournable Stephen King que je consomme sans limites depuis de nombreuses années. Quant à la question de savoir si ces deux auteurs sont aujourd'hui mes modèles, non, je ne le pense pas. Le son produit par les mots qui s'associent de façon mystérieuse dans le cerveau d'un auteur est unique. On ne le répétera jamais assez.

- Que pensez-vous de la production littéraire francophone actuelle en matière de littératures de l'imaginaire ?

Mia Cage : Depuis quelques années, les grandes maisons d'éditions proposent de nombreuses biographies fades et sans grand intérêt pour le lecteur possédant un tant soit peu de cervelle. Une bonne dose de scandales politiques, de récits de femmes battues, une touche de Bellemare et le tour est joué. Quant à cette fameuse littérature de l'imaginaire, francophone ou pas, seule une poignée d'auteurs à succès occupent la quasi-totalité des rayons. La diversité en souffre quelque peu et c'est en grande partie grâce à l'existence des petites maisons d'édition qu'il est encore possible de découvrir des auteurs inconnus, souvent doués d'un véritable talent.

- "Les Os de verre" est annoncé comme le premier volet d'une trilogie. La suite est-elle prévue pour bientôt ? Avez-vous d'autres projets sur le feu, à plus ou moins long terme ?

Mia Cage : J'utilise une partie non négligeable de mon temps à corriger la version définitive d'un troisième roman avant de le confier aux Editions Nuit d'Avril. Le second volet de la trilogie " Fantasy " sera rédigé cet été. En fin de compte, pas vraiment de quoi s'ennuyer.

Mardi 15 juin 2004

LES OS DE VERRE

 

Roman de Mia Cage

 

Après l'échec de sa tentative de suicide et les étranges révélations de sa tante sur ses véritables origines, Mina Crowe, célèbre actrice américaine, s'est résignée à vivre seule. Dès lors, sa vie tourne au cauchemar.

Comment expliquer les multiples réminiscences de ses vies antérieures ? Qui est donc Le Régressif, responsable de la transmission de maladies génétiques rares ? Et, surtout, qui a intérêt à ce que la malédiction s'accomplisse au terme du cycle infernal d'une reproduction sans fin ?

Mina Crowe, seule contre tous, réussira peut-être à élucider le mystère insondable de la lignée des Dominantes. Sa recherche de la vérité la mènera aux limites de l'épouvante, vers quelque chose dont elle ne soupçonnait pas l'existence.

Un roman passionnant, mené à un train d'enfer, avec une intrigue palpitante: tous les ingrédients sont réunis pour passer un excellent moment de lecture. Avec les Os de Verre, Mia Cage s'affirme comme l'une des valeurs montantes de la littérature fantastique.

" A découvrir sans ménagement. " Les Chroniques de l'Imaginaire

  Editions Nuit d'Avril
Disponible en version papier, 138 pages, format 210 x 150 mai 2004, ISBN: 2-9519741-4-8 Couverture illustrée par Michelle Blessemaille Prix : 12,50 Euros, port compris