Troisième roman issu des presses des toutes jeunes éditions Nuit d'Avril, A l'Encre des ténèbres est aussi le premier roman de David Gibert. Un livre qui surprend, tant par l'originalité de l'intrigue que par la maturité du style de son auteur. Entretien avec un jeune écrivain, qui en promet long...

 

- Avec "A l'Encre des ténèbres", vous signez votre premier roman. Le chemin fut-il long pour en arriver là ? 
Pouvez-vous nous rappeler votre parcours littéraire ?
 
J'ai toujours aimé écrire. Des poèmes, des scénarios, des énigmes... Mais j'ai vraiment commencé à écrire des histoires 
longues, matière à fournir des nouvelles et des romans, il y a 7 ans environ à une époque où je m'ennuyais professionnellement 
parlant (il n'y a rien de très épique à travailler chez un commissionnaire de transport !). Avant "A l'encre des ténèbres", j'ai
écrit "Le Faiseur de mondes", un roman où la fantasy côtoie le monde réel. N'ayant que très peu de temps à consacrer à 
l'écriture (le transport n'est pas un métier à 35 heures), j'ai mis à peu près deux ans pour l'achever. Je n'ai pas franchi les 
barrages des maisons d'édition malgré de bonnes appréciations notamment de la part des Editions Nestiveqnen et les 
encouragements de Serge Brussolo, intéressé par le sens du rythme dans mon écriture. Mais je ne me suis pas découragé. 
Après tout, il ne s'agissait que de mon premier roman. Rare sont les élus qui voient leur première oeuvre publiée ! J'ai enchaîné 
avec "A l'encre des ténèbres" que j'ai bouclé en six mois. C'était une période d'inspiration particulièrement intense où il m'arrivait 
souvent de trouver la suite de mon récit dans mes rêves... Les Editions Naturellement devaient le publier mais le projet n'a pu 
voir le jour puisque cette maison d'édition a malheureusement mis la clef sous la porte. J'ai poursuivi néanmoins l'aventure car 
l'écriture était devenue vitale pour moi. Deux ans plus tard, au hasard de mes errances sur le web, je découvrais une nouvelle 
et toute jeune maison d'édition : Nuit d'Avril...
 
- Les premières pages de votre roman sont imprégnée d'une jubilation (certes, très sombre) toute rôlistique, avec 
ce chevalier noir répandant la désolation sur son chemin après avoir pactisé avec l'Ombre. Quelle place occupent
les jeux de rôle dans votre imaginaire ?
 
Le jeu de rôle a fortement stimulé mon imagination. A une époque, je ne passais pas un week-end sans recourir à ce moyen 
fantastique de fuir la morne réalité du quotidien. Mais au bout d'un moment, j'ai eu envie de tenter une autre expérience. 
Aujourd'hui, je joue beaucoup moins souvent. Avant tout, ce qui m'attire le plus au cours de ces parties endiablées, c'est le 
scénario et le jeu théâtral avec les autres joueurs. Je suis souvent frustré lorsque le roulement des dés prend le dessus sur le 
reste...
 
- Vous avez fait paraître votre livre aux éditions Nuit d'Avril. Comment s'est passé votre collaboration avec Franck 
Guilbert ?
 
Ce fut un plaisir. Très ouvert, Franck m'a demandé mon avis à chaque étape. Après quelques corrections sur la forme, il m'a 
laissé trouver un titre plus évocateur (le premier titre était "Vision Réelle") et m'a laissé rédiger le résumé. Puis, il m'a laissé 
le choix entre trois projets de couverture. Et je n'en ai choisi aucun ! Je lui ai envoyé une photo qu'il a retravaillé et voilà le 
travail ! Que demande le peuple ? Le fait qu'il soit lui aussi auteur (et talentueux de surcroît !) facilite les choses.
 
- Quels sont vos auteurs fétiches ? Ceux qui vous ont donné envie d'écrire, qui vous ont influencé ?
 
Des noms illustres ont marqué au fer rouge ma mémoire : J.R. Tolkien, maître-créateur de monde ; P.K. Dick pour ses errances 
entre le monde réel et l'imaginaire ; Dan Simmons, grand pourvoyeur de frissons ; Serge Brussolo, qui capture si facilement les 
lecteurs dans sa toile ; Franck Herbert, pour ses réflexions aussi profondes que l'univers... Un auteur qui pourrait combiner les 
qualités de tous ces écrivains serait un dieu vivant ! Moi, je ne suis qu'un modeste faiseur qui s'use les genoux sur
l'autel de la création à prier devant ces idoles !
 
- A quoi ressemble David Gibert lorsqu'il écrit ? A-t-il besoin d'un cadre particulier ?
 
Heureusement pour moi, je n'ai pas besoin d'un cadre particulier. Ayant très peu de temps libre, j'ai intérêt à ne pas être trop 
exigeant ! J'écris n'importe où et presque n'importe quand. Entre midi et deux devant un sandwich, dans les transports en 
communs etc... Par contre, l'instant le plus propice est le matin au réveil alors que les brumes du sommeil se dissipent 
lentement et que les images de mes songes remontent à la surface de mon café !
 
- Quel est votre avis sur la production littéraire française de ces dernières décennies en matière de littératures de 
l'imaginaire ?
 
On assiste grâce au cinéma et aux efforts de nombreuses maisons d'édition à un engouement croissant du public pour la 
fantasy et le fantastique. C'est un peu moins vrai pour la S.F. Le choix de certaines maisons d'édition de donner leurs chances 
aux auteurs francophones n'est plus une hérésie comme cela pouvait l'être il y a encore pas si longtemps. Cela a permis de 
voir éclore de véritables merveilles. Quelques exemples parmi tant d'autres : du "Crépuscule des elfes" au "Pas de Merlin" de 
Jean- Louis Fetjaine, "Le secret de Ji" de Pierre Grimbert, "les chroniques des Féals" de Mathieu Gaborit...
La richesse et l'originalité des derniers romans laisse entrevoir un futur très prometteur. En témoigne la multiplication des 
fanzines de l'imaginaire et des sites internets consacrés, véritables sanctuaires et lieux de cultes...
 
- La fin de votre roman laisse suffisamment de matière pour une suite possible (notamment grâce à l'effet de 
boucle produit par les dernières lignes, et par le personnage très attachant de Franck, dont on aimerait connaître 
le devenir). Est-ce en projet ?
 
Au départ, je voulais écrire quelque chose de bien plus dense. Mais l'idée de la chute m'a poussé à croire qu'il serait plus 
intéressant que le lecteur soit mis à contribution. La fin est ouverte justement pour laisser le champ libre à toute interprétation. 
Un lecteur cartésien s'arrêtera à la folie de Sam et ses pouvoirs de suggestion sur son entourage. Un lecteur à l'imagination 
débridée ira bien plus loin... Ceci dit, j'ai ressenti un grand vide à l'idée de laisser mes personnages à leur triste sort... Et je ne 
pourrai pas m'empêcher de tremper à nouveau ma plume à l'encre des ténèbres...
 
- D'autres projets, à plus ou moins long terme ?
 
Je termine actuellement un second roman de fantasy qui reprend le monde décrit au début de "A l'encre des ténèbres". Je 
suis au stade de la relecture et cela va me prendre encore un mois ou deux vu l'épaisseur du manuscrit (310 pages en format 
A4). Les lecteurs retrouveront Zgor dans son monde d'origine...
Je travaille aussi avec un ami sur le scénario d'une bande-dessinnée d'ambiance médiévale, fantastique et humoristique.
A part ça, j'ai d'autres projets en tête : caresser les muses pour l'éternité, rencontrer mes propres personnages, apprendre la 
magie... Je vous enverrai un messager lorsque j'aurai réussi tout cela, promis !
 
- Merci d'avoir bien voulu répondre à ces quelques questions...
 
De rien. Je pensais qu'être soumis à la question était une expérience un peu plus brutale ! Vous êtes  très aimable comme 
inquisiteur.
 
 

février 2004

 

A L´ENCRE

DESTÉNÈBRES

Roman de David

Gibert 

Imaginez que le voile nous séparant de l'autre monde se déchire... Sam, un jeune écrivain en herbe, l'a percé de la pointe de sa plume. Mais ce qu'il percevait comme une aventure sur les terres fertiles de son imagination va se transformer en un véritable cauchemar. Emporté par l'élan de son inspiration, il a ouvert une brèche sur les ténèbres. Un chevalier à l'armure aussi sombre que l'âme va s'y engouffrer pour plonger notre monde dans le chaos. Que pourront faire les héros de cette passionnante aventure, face à un esprit forgé dans les abîmes de la création littéraire, un démon impalpable surgi des plus sombres légendes de l'humanité? Comment lutteront-ils contre une force occulte, capable d'aliéner tous les hommes, et dont la seule ambition est d'ouvrir les portes de l'enfer?

 

 
disponible en version papier, 85 pages, format 210 x 150 Prix : 9,90 Euros, port compris pour la France métropolitaine Editions Nuit d'Avril - 120 rue de la Division Leclerc - 91310 LINAS Editions Nuit d'Avril